Chefs spirituels et dirigeants autochtones             Extraits de Mi’kmaq & Maliseet:  First Nations of the Maritimes, par Robert Leavitt
                      Un saqamaw (ZAH-h'm-ow; Mi'kmaq) ou sakom (ZAH-g'm; Malécite) était un homme hautement respecté de la communauté à qui l'on demandait conseil. Aujourd'hui,
                      ces mots signifient chefs, alors que les premiers visiteurs européens décrivaient souvent les saqamaws comme des rois, et les considéraient comme des commandants. 
                      Autrefois, les dirigeants autochtones étaient plutôt des  membres de la communauté qui inspiraient du respect à leurs pairs et qui avaient une influence sur eux, mais
                      n'avaient aucun pouvoir. Ils ne pouvaient dicter aux autres quoi faire. En fait, un jeune   homme demeurant avec le chef possédait habituellement les qualités requises,
                      mais n'était pas nécessairement le fils du chef. Le chef appelait plusieurs jeunes garçons ses fils, dont ses propres fils, ses neveux, les fils de ses cousins germains et ses fils adoptifs.

Leadership politique et spiritualité
    Pour le peuple, le gouvernement, la politique, l'économie et la spiritualité sont tous interreliés. Par conséquent, le Grand conseil se charge également du bien-être spirituel du peuple. Plusieurs de ses responsabilités spirituelles sont reliées à la pratique du catholicisme au sein de la Nation.. En fait, depuis le baptême du grand chef Membertou par le père Jesse Fleche à Port-Royal en 1610, les Mi'kmaqs entretiennent une relation particulière avec l'Église. Cette relation a été définie dans un concordat, ou traité, conclu entre le Grand conseil et le pape. Les Mi'kmaqs ont alors accepté de protéger les prêtres et les colons catholiques français. En retour, l'Église catholique a accordé certains pouvoirs religieux à la Nation micmaque. Puisque l'Église concluait ce genre d'entente uniquement avec des gouvernements nationaux, le concordat confirmait la souveraineté des Mi'kmaqs. Le catholicisme est donc devenu la religion de la Nation micmaque. Le concordat a été immortalisé sur une immense ceinture wampum. L'Église y est représentée par des clés croisées, soit le symbole du Saint-Siège, une église et un passage de l'Évangile transcrit en écriture hiéroglyphique micmaque. Le Grand conseil est représenté par des lances croisées, un capitaine armé, un calumet, une flèche, ainsi que sept collines, représentant les sept districts du territoire Mi'kmaq. Au centre de la ceinture se trouve une image d'un chef et d'un prêtre tenant une croix ensemble, le chef ayant une bible dans les mains.

Grand Conseil de la nation Micmaque
    Le Grand conseil constitue la forme traditionnelle de gouvernement autochtone au sein de la Nation. Il réunit des districts. Dans le passé, le gouvernement était composé de chefs locaux, choisi par les clans (groupes de familles élargies) vivant dans chaque district. Ces dirigeants nommaient à leur tour un capitaine, ou chef de district, qui représentait le district au sein du Grand conseil, appelé Sante' Mawiomi (zahn-TEH- mah wi-OH-mi; ou " rassemblement sacré ") en langue micmaque. Le Grand conseil orientait le peuple et défendait le territoire de la Nation.  Il existe trois postes de direction au sein du Grand conseil, soit le grand chef, ou chef d'État, le grand capitaine, ou directeur du conseil, et le Putu's (boo-DOOZ), ou lecteur du wampum, qui est le gardien des lois de la Nation et des traités conclus avec les autres Nations. De plus, un smagn'ss (z'-MAH-g'-n'ss, qui signifie " soldat " ou " porteur de bouclier ") protégeait le peuple. Les titres de chef local et de grand chef étaient légués aux membres de la génération suivante d'une même famille ou d'un même clan. Parfois, une autre personne était élue si aucun membre de la famille ne se croyait capable d'occuper le poste. Le gouvernement traditionnel et ces postes de direction existent toujours. Le Grand conseil remplit un rôle gouvernemental et spirituel. De nos jours, le Grand conseil compte un représentant pour chaque communauté , au lieu de chaque district. Quelques communautés n'ont pas de capitaine actif, mais le taux de participation augmente depuis quelques années.

Un kinap ou ginap (GI-nahb; signifie littéralement " grand homme ") est une personne qui possède une force ou des qualités extraordinaires. Si une communauté était en conflit avec un peuple avoisinant, les kinaps/ginaps donnaient des conseils et dirigeaient des raids.

Les Mi'kmaqs et les Malécites n'ont probablement jamais déclaré de guerres contre d'autres peuples. Toutefois, ils se querellaient avec ceux qui avaient insulté ou blessé un membre de leur famille ou un ami. Plus tard, les kinaps/ginaps sont devenus des capitaines.

Page d'acceuil
    La condition qui détermine la valeur d’un chef est sa capacité à se mettre lui-même au service d’une cause ou d’un intérêt commun plus grands que sa personne. Enfin, un charisme indéfinissable caractérise le « grand » chef, un don d’autorité et de commandement qui fait grandir ceux qu’il dirige, les révèle à eux-mêmes et contribue à les rendre meilleurs. De tels conducteurs d’hommes « attirent » l’admiration et « forcent » le respect, mais il faut bien reconnaître qu’ils sont rares. Nous rencontrons plus couramment des « petits » chefs qui aspirent à l’exercice de pouvoirs trop grands pour eux. Ils ont des statuts de chefs, des pouvoirs légaux, mais ils sont dépourvus de vision, du don de commandement et ne bénéficient ni de la confiance ni de l’estime de ceux qu’ils dirigent. Ils sont vaniteux et abusent de leurs pouvoirs en cherchant à obtenir des avancements par la contrainte, l’intimidation et la manipulation.